Voici un post où je parlerais de beaucoup de choses, même des toilettes japonaises – oui, c’est fascinant, vous verrez – de l’amabilité des Japonais, des îles enchanteresses d’Okinawa et Kyushu, et bien sûr, de ce que l’on ressent vraiment en mettant un pied au Japon. Mais je garde le meilleur pour la fin, alors pas de triche : interdit de sauter directement à la conclusion ! Avant ça, on va faire un petit détour par l’histoire, la géographie, et un soupçon de sociologie. Eh oui, pour comprendre le Japon, il faut d’abord en décortiquer les entrailles. Mes amis japonais, pardonnez d’avance les trous dans mon récit: ce n’est que le regard d’un gaijin, un étranger avec une compréhension très, très parcellaire de votre pays.
Pendant plus de deux siècles, de 1639 à 1853, le pays a vécu dans un isolement (presque) total, fermant ses portes au reste du monde pour préserver sa culture, éviter la présence des européens (plutôt un bon choix vu ce que les européens faisaient de leurs colonies). Cet isolement de 214 ans a contribué à forger cette identité nationale si unique, profondément ancrée dans des traditions millénaires.
Géographiquement, le Japon, c’est un archipel montagneux de 377 000 km² avec 125 millions d’habitants serrés comme des sardines. Imaginez : c’est presque 2 fois plus petit que la France, mais avec 2 fois plus de monde. Et pour compliquer encore un peu les choses, 70 % du territoire est composé de montagnes, de collines, de volcans… En gros, chaque centimètre carré de terre habitable est un trésor. Résultat : les villes sont saturées, Tokyo explose avec ses 37 millions d’habitants (dans la métropole). Les Japonais se superposent littéralement, avec près de 90 % de la population qui se tasse en zone urbaine.
Mais attention, cette densité infernale pourrait bien devenir un souvenir, car le Japon est en pleine crise démographique. La population fond comme neige au soleil. Sur les 47 préfectures du pays, toutes ont vu leur population diminuer en 2023! Les couples font peu d’enfants, à peine 1,4 par femme, et encore, ils prennent leur temps. Il y a un vraiment problème d’égalité homme-femme au Japon, ce sujet est à l’agenda du prochain post 😉. Les experts prédisent que le Japon pourrait/devrait perdre 1/6 de sa population (20 millions d’âmes) en 25 ans.
Si tous les pays du monde faisaient pareil, on aurait 1,6 milliard de personnes en moins sur Terre d’ici un quart de siècle !
Malgré cet environnement compliqué, le Japon a un truc dans le sang : une résilience à toute épreuve, forgée par des siècles d’histoire. Après avoir été rasé par la Seconde Guerre mondiale, le pays s’est relevé de ses cendres tel un phénix high-tech, devenant une puissance mondiale tout en gardant son âme culturelle.
C’est cette dualité entre tradition et innovation, où la modernité cohabite avec des traditions inchangées depuis des siècles, entre passé et futur offrant un contraste saisissant entre les gratte-ciels côtoyant des temples millénaires, qui rend le Japon si fascinant, si particulier, tellement différent de tout ce qu’on a rencontré dans nos voyages précédents !
Semaine 1 : Les îles d’Okinawa
À plus de 2 000 km de Tokyo (3h30 de vol, autant que de Bruxelles à Athènes ou Casablanca), les îles d’Okinawa s’étirent au milieu de la mer de Chine. Fermez les yeux et laissez-vous transporter : le bleu turquoise de l’océan, le vert émeraude d’une végétation luxuriante… Non, vous n’êtes pas à Bali ni en Thaïlande, mais bien au Japon.
Nous avions choisi Okinawa pour une semaine de détente sous le soleil et pour découvrir un Japon bien différent de Tokyo, Osaka ou Kyoto. Et c’est réussi ! Nous avons exploré deux îles : d’abord Okinawa elle-même, la capitale de l’archipel et son poumon économique, puis Ishigaki, une île perdue au milieu de l’océan, à un souffle de Taïwan.
Okinawa, ce nom vous dit peut-être quelque chose. C’est ici qu’a eu lieu l’une des batailles les plus sanglantes du Pacifique, entre avril et juin 1945. 250 000 morts en 3 mois. Des chiffres qu’on fait froid dans le dos. La visite du mémorial a été assez traumatique pour Nola avec des images assez trash et une expérience d’une grotte qui vous faisait revivre la vie des japonais caché dans ces grottes avec le bruit assourdissant des bombardements à proximité.
Pour le reste on s’est contenté de se remettre du décalage horaire, de visiter le 2eme plus grand aquarium du monde, de nous perdre dans des parcs aussi bizarres que fascinants (un parc dédié aux ananas, oui, ça existe et tout le monde a adoré), et surtout, de pratiquer l’art subtil du farniente. On a pris la voiture, « cruisé » le long des côtes, en s’arrêtant ici et là pour admirer des spots dignes de cartes postales.













Semaine 2 : l’ile de Kyushu
Quand on parle d’île, Kyushu n’est pas une petite miette perdue en mer. C’est la plus méridionale des quatre grandes îles japonaises, avec une superficie d’environ 35 000 km², presque la taille de la Belgique, et une population de 14 millions d’habitants.
Nous avons bien arpenté l’île, avec notre fidèle Toyota (what else?), dormant deux nuits à chaque étape, pour savourer chaque région. Parmi nos arrêts, Nagasaki, ville tristement célèbre pour avoir été frappée par la deuxième bombe atomique en 1945, nous a marqués par ses musées poignants, la région volcanique du centre Kyushu ainsi que les shrines (ce sont les lieu de culte shintoïste – la religion indigène du Japon)
Mention spéciale pour les onsen, ces bains publics japonais qui transforment chaque baignade en une expérience mystique. Nous avons passé 5-6 heures à Kurokawa Onsen, gambadant de bain en bain dans des hôtels luxueux, chacun offrant un effet spécifique pour la peau et la santé. Ces lieux respirent la sérénité… bon, un peu moins avec Mattéo, je l’admets, mais il a fait ce qu’il a pu 😉. Et tout cela avec un pass familial à 20 €, une vraie affaire pour un voyage au pays du soleil levant !
Une semaine loin, très loin des routes touristiques… Pas un occidental en vue, juste cette merveilleuse impression d’être seuls au monde. Quelle différence avec Kyoto, où l’on se retrouve parfois à se demander si on est là pour le tourisme ou pour la guerre des selfies.










Un plaisir d’être avec des Japonais
Les Japonais sont adorables, d’une gentillesse rare, mais jamais envahissants. Ils se font toujours discrets, tout en étant prêts à aider dès que vous avez le moindre besoin.
Quelques éléments nous ont particulièrement marqués :
- Leur style : Les Japonais ont un sens du chic qui semble tout droit sorti d’un magazine de mode. On se demande parfois s’ils ne se préparent pas pour un défilé.
- Le calme presque surnaturel : Imaginez un wagon du shinkansen (train à grande vitesse) avec 100 personnes, et vous n’entendez absolument aucun bruit ! On se retrouve à dire à nos enfants de chuchoter, et malgré leurs efforts, ils sont les seuls à troubler ce silence sacré.
- Le sentiment de sécurité: Je ne vais même pas m’y attarder c’est tellement impeccable que c’en est presque ennuyeux !
- Les fameuses toilettes japonaises: Beaucoup a certainement été écrit sur le sujet des toilette japonaises. On a beau le savoir ça reste magique. La musique d’ascenseur pour masquer les bruits, le brumisateur pour dissimuler les odeurs, mais surtout la lunette des toilettes qui, avouons-le, a plus de fonctionnalités qu’un smartphone dernier cri : chauffage de la lunette, jet vers dans le derrière, jet dans le vagins, régulateur de vitesse du jet,… C’est simple, Matteo refuse d’aller aux toilettes de peur d’avoir un jet surprise dans le derrière, ou parce qu’il déteste cette lunette qui, pour une raison inconnue, a décidé d’être brulante alors qu’il fait déjà 35 degré dehors. Notre Matteo préfère encore les toilettes rustiques européenne…il sait comment les utiliser contrairement au japonais qui eux besoin d’un mode d’emploi



Voyager au Japon est un véritable plaisir. Alors c’est vrai que Google Translate nous sauve parfois la mise pour comprendre les menus et éviter de commander des choses étranges 😉. Mais ne vous méprenez pas, le Japon a aussi ses petites rigidités que je vous raconterai dans le prochain post. Restez connectés !
Et sinon, comment allez-vous ?
Bon, comme promis au début je ne peux pas vous laisser partir sans vous raconter comment on se sent vraiment. On se sent bien, très bien même, merci de poser la question. Après deux semaines, on commence enfin à « rentrer » dans le voyage. Les pensées pour la Belgique s’évaporent, on ralentit, on respire. Mais je ne vais pas mentir : on n’a pas encore atteint ce nirvana que seuls les voyageurs au long cours connaissent bien.
Pour l’instant, on est en mode vacances. On savoure. On se rapproche, on se découvre, même si les enfants, eux, ne captent peut-être pas encore l’ampleur de ce que signifie voyager pendant un an. Honnêtement, je ne suis pas sûr que Suzanne & moi on le capte plus😉.
Alors la suite me direz vous? Le Japon, c’est loin d’être un bloc homogène. Sa taille, ses climats, ont sculpté une mosaïque de vies et de paysages qui changent au fil des kilomètres. Et c’est exactement ce qu’on va explorer dans les jours à venir : Osaka, Kyoto – la ville aux 1000 temples – et les Alpes japonaises, ces montagnes où la tradition et la modernité se frôlent sans jamais vraiment se toucher.
J’espère que ce post vous a parlé. Balancez vos commentaires, vos questions, on est là pour ça.
On vous embrasse.
