Dans ce post, préparez-vous à plonger dans notre quotidien nippon : des nuits pas si paisibles que ça sur des futons, des escapades en montagne en mode typhon, et Kyoto sous une chaleur écrasante de 35 degrés. Et bien sûr, quelques réflexions sur le Japon.
Au plus nous voyageons au Japon au plus on l’apprécie. 1 mois est passé, et il est rare que l’on reste aussi longtemps dans un seul pays sans songer à un changement de décor !
Mais ici, l’amabilité et la civilité des Japonais nous enchantent chaque jour. Que ce soit la dame qui m’a poursuivi pour me rendre mes lunettes de soleil oubliées au restaurant, les personnes qui se lèvent pour nous offrir leur grande table alors qu’ils n’ont besoin que d’une petite, ou encore les nombreux cadeaux offerts aux enfants. C’est simple on était parti sans jouet, nous traînons maintenant un sac rempli de bricoles (je devrais dire brols) avec lesquelles ils jouent pendant 1h avant de les oublier au fond du sac.
Les paysages sont magnifiques mais plus que ceux-ci, c’est l’ambiance générale du Japon, cette sorte de zenitude omniprésente, qui nous séduit.
Mais ça c’est évidemment le côté “touriste” car y vivre peut s’avérer un peu différent. Il y a aussi un Japon caché derrière cette façade soignée. Un Japon où l’égalité hommes-femmes fait peine à voir. Le Global Gender Gap Report 2024 classe le Japon à la 118e place sur 145 pays!!! La Belgique, elle, est 12eme… Vous avez dit un fossé ?
Et peut-être que c’est pour ça que les Japonaises font grève des bébés…1,4 enfants par femme. Entre la pression sociale, l’inégalité professionnelle (30% d’écart salarial!) et l’absence de soutien pour jongler entre travail et maternité, qui pourrait les blâmer ? Après tout, pourquoi sacrifier sa liberté pour des attentes aussi rigides ?
On ne peut pas dire non plus qu’il fait toujours bon vivre au Japon pour les minorités et les étrangers. Les immigrants, en particulier, affrontent des défis d’intégration et des préjugés sociaux. Et pourtant, accrochez-vous, il n’y a que 2% des personnes vivant au Japon qui sont d’origine étrangère. 2% vous avez bien lu, la Belgique affiche un taux de 17% d’étrangers et le Luxembourg un impressionnant 47%.
Et une étude de l’Université de Tokyo en 2022 révèle que près de 40% des étrangers vivant au Japon signalent des expériences de discrimination ou de préjugés.
Bon vous êtes toujours là ? alors il est temps de vous relater nos aventures des 3 dernieres semaines…
Bienvenue au Japon, le pays qui défie les éléments naturels
En posant un pied au Japon, on comprend rapidement que nous, Européens, ne sommes pas vraiment calibrés pour affronter les éléments naturels. Ici, la nature boxe en catégorie « poids lourds ». En 1 mois à peine, on a déjà été servis avec trois types d’alertes apocalyptiques :
- Mega earthquake : L’institut de prévention japonais annonce un “méga tremblement de terre” potentiel, du genre 9 sur l’échelle de Richter, 1 semaine après notre arrivée. Du jamais vu depuis 2011 et le drame de Fukoshima (magnitude 9,1). Spoiler alert: ça a été un sujet de discussion pendant 2-3 repas. Après on peut dire que les japonais ont l’habitude, rien qu’en août 2024, il y a eu 84 tremblements de terre de magnitude 4 ou plus au Japon…heureusement que j’avais omi de donner ce petit detail à Suzanne avant de partie…oups! Pour rappel, en Belgique, on avait paniqué pour un misérable 5,8 en 1993…
- Tsunami : qui dit tremblement de terre, dit tsunami, évidemment. Alerte rouge sur tout l’archipel après l’annonce du mega earthquake.
- Et enfin le plat de résistance…le Typhon Shanshan. Enfin ça c’est son petit nom romantique, on l’appele aussi le typhon numéro 10 pour faire plaisir aux plus rationnels. Bref, fin août, alerte au niveau maximal, niveau activé qu’une fois tous les 10 ans. Les vents les plus forts soufflent a 250km/h. Nous voilà rassuré…
Bref, vous avez saisi l’ambiance. Ici, la météo, c’est du sérieux. Mais ce qui est fascinant, c’est la façon dont les Japonais ont intégré ces catastrophes dans leur quotidien comme un voisin un peu envahissant mais inévitable. Systèmes d’alertes précoce (chaque habitant reçoit un message en même temps que ses spams habituels), exercices nationaux obligatoires le 1er septembre, digues impressionnantes, normes de construction les plus exigeantes au monde…
Chaque château, chaque temple, chaque demeure historique que l’on a visité a déjà fini sous les décombres. Mais, imperturbables, les Japonais les ont toujours reconstruits, en anticipant déjà le prochain désastre. Ils plantent des arbres pour avoir du bois de reconstruction, forment de nouveaux artisans aux anciennes techniques,… C’est comme s’ils construisaient déjà avec la ruine et la renaissance en tête.

Bon je dis ça mais là, attention le mois d’août 2024 a quand même été particulier: le gouvernement a du interdire les achats de plus de 2 kg de riz par personne au supermarché. Oui, oui, vous avez bien lu. Et je vous vois déjà sourire en coin… mais souvenez-vous du chaos pour un rouleau de papier toilette chez nous pendant le Covid ! À méditer sur qui a la meilleure stratégie de survie!
Semaine 3 : Kyoto & les alentours
Enfin, on a trouvé refuge dans une petite maison rien qu’à nous, pour 1 semaine eeeeeentière. Dit comme ça, ça peut paraître anodin, mais après avoir dormi pendant des jours dans des chambres de 18 m² à quatre — deux enfants, trois lits, zéro espace vital — croyez-moi, on savoure chaque m² supplémentaire. Deux chambres, mes amis ! c’est Byzance! Certes, elles sont mitoyennes, mais qu’importe. Ce petit bout d’espace suffit à nous faire retrouver un semblant d’intimité.


J’ai déjà déclaré sur Instagram que Kyoto figurait dans mon top 3 des plus belles villes du monde. Et je persiste! Cette ville a été la capitale du Japon pendant plus de 1000 ans (jusqu’en 1868), et croyez-moi, ça se voit. Plus de 1000 temples et sanctuaires éparpillés partout. En soi, ces temples sont déjà impressionnants. On est transporté, à ressentir ce souffle sacré du passé dans chaque pierre, et c’est souvent le cas.
Mais pour être honnête, ce qui m’a le plus estomaqué, ce sont les jardins. Tout le monde connait les fameux jardins japonais mais là, on est dans une autre dimansion. Des chefs-d’œuvre d’harmonie où chaque pierre, chaque brin d’herbe semble avoir été mis là après des siècles de discussion sur ce qui serait le plus beau. Vous entrez, et c’est le choc. C’est du “waw” à l’état pur. On se demande comment des humains ont pu atteindre un tel degré de beauté, une telle perfection.
Durant notre semaine à Kyoto, on a fait un saut à Nara. Une escapade que je recommande vivement. En train, c’est une promenade de santé depuis Kyoto, et on arrive dans cette ville où les daims se baladent en liberté comme des esprits de la forêt.





















Semaine 4 & 5 : les montagnes en mode futons
Ah, le futon. Avouez que ce mot a une petite résonance poétique, comme une promesse d’exotisme et de douceur.

En réalité ? Juste un matelas posé à même le sol (ok, sur un tatami, mais quand même). Le coussin qui l’accompagne ressemble à une saucisse farcie de bouts de plastique.
Forcément, Matteo ne trouve rien de mieux que d’en éventrer un, dispersant ces fameux confettis de plastique partout dans la pièce.

La nuit ? Imaginez dormir à quatre l’un à côté de l’autre dans une pièce de la taille de la chambre de vos enfants… On sourit bravement en demandant un deuxième futon pour le superposer au premier, histoire de ne pas se sentir complètement écrasé contre le sol.
On s’habitue, bien sûr. Disons aussi que certaines personnes s’en plaignent plus que d’autres…suivez mon regard!
Je dois quand même avouer que le système a ses avantages. Au matin, on replie tout et, miracle, voilà votre salon récupéré, prêt à accueillir vos invités imaginaires. C’est ça, le génie japonais : tout en gain de place, tout en pratique.
Alors, parlons de ces fameuses montagnes japonaises, les “Alpes japonaises”. Oui, oui, c’est comme ça qu’on les appelle ici ! Pourquoi ? Parce qu’un prêtre et alpiniste anglais du 19ème siècle a eu l’idée de comparer ces montagnes aux Alpes européennes. Bon, je vous épargne le récit détaillé mais sachez que même les Japonais ont adopté ce nom !
Et croyez-moi, ces Alpes sont aussi belles que leur nom le laisse entendre.

Les sommets pointent à plus de 3000 mètres, et les vallées abritent des petites villes et villages charmants qui se nichent entre les montagnes.
On a fait halte à Magome, Takayama, Matsumoto (et son château majestueux), Kanazawa (près de la plage à côté des alpes, et Nikko pour les aficionados de temples.
Bon, soyons francs : mis à part une ou deux exceptions, on parle ici de villes entre 150 000 et 300 000 habitants. Comme je l’avais déjà dit dans mon post précédent, dès que c’est plus ou moins plat au Japon, ça grouille de monde, parce qu’il faut bien caser les 130 millions de Japonais quelque part ! Mais l’ambiance dans ces petites villes et villages est super agréable, surtout avec des températures un peu plus douces.
Il y a de quoi faire des treks mémorables ici. Pas de randonnées sérieuses pour nous mais de belles marches car on est positivement surpris par Matteo qui marche très bien! En plus, j’ai quand même réussi à m’éclipser une ou deux fois en mode solo, histoire de m’immerger plus en profondeur dans ces paysages incroyables.













Vous en voulez encore ? Pas de souci, on n’a pas chômé ! On a croisé des samouraïs, on s’est transformés en ninjas (ou presque), assisté à des cérémonies bouddhistes à 6h30 du matin (oui, ça pique un peu), et découvert les secrets du wasabi en visitant la plus grande ferme de wasabi au monde — oui, regardez les photos, ça vaut le détour ! On a aussi exploré une ribambelle de temples, plongé dans des onsen (bains chauds) presque tous les jours (ça, c’est la vraie vie !), et on a même célébré à l’Oktoberfest (parce que pourquoi pas ?). Pour les plus férus de culture, on a fait le tour de plusieurs musées, dont évidemment une étape obligatoire au musée Toyota, les amis !
Et comme si tout cela ne suffisait pas, un typhon est venu pimenter notre aventure. Heureusement, on n’a pas été directement dans l’œil du cyclone, mais on a quand même eu droit à quelques journées bien trempées.

















Mais alors, tout était parfait ? Non, évidemment ! Les enfants, c’est du sport de haut niveau. Entre les “je suis fatigué“, Mattéo qui me tire le bras pour que je le porte (et je résiste, la plupart du temps), et les “Je n’y arriverai jamais” de Nola (l’école a commencé!), on en a eu des journées bien animées. Mais c’est ça aussi, le charme du voyage en famille !
On espère que ce post vous a plu et qu’il vous a donné envie de partir à l’aventure, hors des sentiers battus du Japon.
À bientôt pour la suite de nos aventures !

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