Au pays du soleil levant chapitre III: entre découvertes de Tokyo et leçons de vie

Et voilà, rideau de fin sur ces 6 semaines à jouer les aventuriers en terre nipponne.

Il est donc temps d’écrire un dernier post sur ce magnifique pays, de revenir sur nos surprises et sur tous ces a priori que nous pouvions avoir avec nos yeux d’Européen.

Mais avant d’y arriver, laissez-moi vous raconter Tokyo où nous avons passé 6 jours, 6 jours à se perdre dans l’immensité de cette pieuvre urbaine. Ville-monde, ville-monstre, 13 millions d’habitants rien qu’en intra-muros, 42 millions si tu comptes le Grand Tokyo. Et oui les chiffres donnent le vertige pour ce qui est, en fait, plus un regroupement de plusieurs villes qu’un ensemble cohérent !

Et le plus dingue ? C’est la ville la plus sûre du monde. Ici, pas besoin de checker mentalement ta sécurité toutes les 3 secondes : à 21h, tu prends le bus avec tes gosses sans une once d’inquiétude. Tu croises des mômes de l’âge de Nola, rentrant de l’école à vélo, solo, tranquille! Si seulement cela pouvait encore être le cas en Belgique…

Tokyo, c’est la ville où tu traverses 10 univers en quelques stations de métro : des néons qui t’attaquent les rétines aux ruelles zen où tu marches, apaisé, presque seul au monde. Le grand écart permanent. Et il faut bien le dire, après plus de 5 semaines à arpenter le Japon, à se gaver de temples, de jardins et de shrines de toute beauté, les versions tokyoïtes paraissent presque…banales😉par rapport à Kyoto, Nikko et autres.

Parce que Tokyo, ce n’est pas une carte postale à encadrer, ce n’est pas 1 endroit à absolument visiter. C’est une ambiance, des ambiances. C’est l’expérience qui compte.

Du coup, vous l’avez compris on s’est immergé dans la ville & on a fait un peu de tout : pêche aux canards version poisson vivant, statue de la liberté (version Tokyo, bien sûr), traversée du fameux passage piéton de Shibuya – un chaos chorégraphié –, expo Hello Kitty (oui, on l’a fait), shopping, cours pour devenir pompier (véridique!), virée au zoo pour 8€ pour toute la famille (il faut bien contenter tout le monde), reconciliation avec le sake (mum, c’est pas si mauvais finalement), ribambelle de petits restos dénichés au coin de rues improbables, dîner rooftop pour célébrer notre anniversaire de mariage, marché aux poissons tentaculaire, et surtout, un musée d’art immersif magique. Une pépite que je te recommande à fond.

Et la cerise sur le gâteau : la montée dans la tour qui domine Tokyo (Skytree). 630m de haut avec une plateforme à 450m de haut. J’ai rarement connu un tel sentiment, c’est vertigineux. On voit la ville qui s’étend sur des dizaines de km. On se sent incroyablement petit, presque insignifiant face à l’immensité de Tokyo. Et en haut l’inévitable expo Pokémon – une touche locale, juste pour nous rappeler où l’on est. Nola & Matteo ? Aux anges.

Mais pour vivre Tokyo il faut faire des pas, des tonnes de pas : entre 15 000 et 20 000 par jour, Matteo en tête avec ses petites jambes infatigables. Lui, qui râlait pour marcher 300 mètres avant, enquille maintenant 10 kilomètres et finit même ses journées en sprintant. Ils nous avaient bien caché son jeu, le coquin ! Mais c’est la seule manière de découvrir cette ville : à pied, en écumant les quartiers, un à un.

On a aimé Tokyo pour sa schizophrénie urbaine, ce grand écart constant entre le vacarme & le silence même si parfois avouons-le c’est, un peu de trop.

Et maintenant, le moment de vérité…roulement de tambour… les clichés qu’on traîne sur le Japon avec nos yeux d’Européens sont-ils justifiés ? Spoiler : pas toujours 😉. Parce que oui, même après quatre ans à bosser pour la marque japonaise Toyota, certaines surprises nous attendaient au tournant..

Vrai ou pas vrai ?

  • Le Japon, c’est bondé: Plutôt vrai. C’est sûr qu’avec 325 habitants par kilomètre carré, ça se bouscule un peu. Exemple frappant : notre auberge “en pleine campagne”, dixit la patronne. Dans la campagne oui mais à 15 minutes d’une ville de 500 000 habitants, tout de même. Mais encore une fois, l’attitude zen des Japonais t’évite toute sensation d’oppression.
  • Les rues sont bruyantes, illuminées par des panneaux partout : et bien, plutôt faux. L’ambiance néon flashy ? L’exception, réservée à quelques quartiers de Tokyo. La plupart du temps, c’est calme, reposant.
  • Les japonais sont distants : Vrai en surface, mais en creusant… faux. C’est juste qu’ils respectent tellement l’autre qu’ils ne veulent pas déranger. Une politesse intégrée dans leur ADN. Et au final, on les trouve tout simplement adorables. Ça rend les choses tellement facile en tant que touriste !
  • Le Japon est super bien organisé: Le Japon, c’est la quintessence de l’organisation millimétrée, même à Tokyo. Ici, tout a sa place : les mégots de cigarette ont des espaces dédiés, et les transports sont une leçon de ponctualité. Les trains arrivent à l’heure, à la seconde près. Si tu arrives en retard, tu les regardes filer… sans toi. Mais cette précision a un revers : une certaine rigidité. Si un resto affiche “last order” à 19h et que tu débarques à 19h04… Oublie. Ça nous est arrivé, et pas qu’une fois. L’heure c’est l’heure, même pour des ramens.
  • Le Japon est cher, voire très cher : plutôt faux… ou presque. Moins cher que chez nous. Pour les touristes en tout cas car Tokyo est la 2eme ville la plus chère au monde pour l’immobilier! Avec un budget repas de 80€ par jour, 125€ par nuit pour toute la famille on n’a pas eu trop de souci. Merci au yen faible qui nous a fait un beau cadeau.
  • Conduire au Japon est compliqué : Archi-faux ! Oublie ce que disent les blogs de voyageurs. On y a conduit pendant 25 jours et hormis la conduite à gauche qui demande un peu de gymnastique mentale, c’est un des pays les plus simples pour conduire. Courtoisie exemplaire, sécurité avant tout… Le Japonais est zen, même au volant.
  • Les Japonais parlent mal anglais : Tragiquement vrai. Heureusement, les affiches bilingues sont partout, les panneaux de signalisation aussi, et Google Translate devient ton meilleur pote. Pratique pour se repérer, mais oublie tout espoir de causer philo avec le chauffeur de taxi.
  • Le Japon est à la pointe de la technologie : Vrai et faux. Oui, c’est le pays des robots et gadgets inutiles. Mais attends de découvrir leur passion pour le fax (25% des japonais l’utilisait encore en 2021), ou le design de leurs sites web bloqués dans les années 80. Le plus bizarre ?  Le nombre de guichet automatique avec, 9 fois sur 10, une personne qui s’y trouve pour te donner ton ticket.
  • Le sport le plus populaire au Japon est le sumo : Vrai et faux. Le sumo, une tradition vieille de 1500 ans, reste un symbole fort de la culture japonaise. Mais le sport le plus populaire aujourd’hui ? Le baseball, suivi par le foot.

Et puis il y a eu d’autres choses dont on n’avait strictement aucune idée et qui nous ont beaucoup étonné :

  • Les tatouages sont très mal vus : Héritage des yakuzas (les membres de la mafia japonaise étaient les seuls à être tatoués), les tatouages restent tabous dans de nombreux endroits, comme les onsen (bains publics). Les choses changent doucement mais ça reste tout de même un objet de suspicion. On a donc du masquer les nôtres.
  • Les japonais sont obsédés par la et, par leur propreté : tous les japonais rangent leur table de restaurant avant de la quitter, pas un papier par terre (et pourtant la poubelle publique n’existe pas) et se lave très régulièrement. Le shintoïsme et le bouddhisme, avec leurs rituels de purification, jouent un rôle clé dans cette obsession de la propreté.
  • Les japonais, comme des poisons dans l’eau? Heu pas vraiment, on a vu pas mal de locaux qui ne maîtrisent pas l’art de la brasse… Ils pataugeaient dans 80 cm d’eau avec une bouée XXL, comme s’ils étaient au milieu de l’océan Pacifique. On en sourit encore !
  • Mais où sont les personne en surpoids au Japon : l’alimentation japonaise, à base de riz et de poisson, est tellement saine qu’elle laisse peu de place à l’obésité. Ils sont vraiment fit, les Japonais, d’où un pourcentage d’obésité dans la population plus faible qu’en Europe ou, bien entendu, qu’aux USA.
  • Absence totale de tags et de biens publics détruits : les graffitis semblent avoir oublié ce coin du monde. Les espaces publics sont intacts, un respect palpable dans chaque recoin.

Clap de fin sur notre premier pays, et quel pays ! Le Japon, terre de contrastes, nous a complètement séduits.

Six semaines au pays du Soleil-Levant, c’était juste parfait. Un départ idéal pour notre tour du monde, qui commence sous les meilleurs auspices.

Et maintenant ? Direction la Chine pour un mois. Toujours en Asie, certes… mais préparez-vous, c’est une tout autre planète qui nous attend !

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