3. L’état de Bahia, 20 mars – 5 avril 2025
On pénètre dans Salvador de Bahia, surnommée la Rome noire. C’est ici que le pays qu’on appelle aujourd’hui « Brésil » est né. Pendant deux siècles, jusqu’en 1763, Salvador a été la capitale du royaume, avant que le pouvoir ne migre vers Rio.
Le site est majestueux : c’est la deuxième plus grande baie du monde, rien que ça. On comprend pourquoi c’est ici que les Portugais ont posé leurs valises en premier.

La baie, appelée Baía de Todos os Santos (baie de Tous les Saints), donne le ton.
Car les églises… elles sont partout.
On dit qu’il y en a 365, soit une pour chaque jour de l’année. En réalité, on en compte plutôt entre 150 et 200, mais l’image est restée et montre bien à quel point la ville déborde de lieux de culte.
Mais ce qui frappe dès qu’on se balade, c’est le mélange Afrique-Europe.

Près de 80 % de la population est d’origine africaine. Car Salvador, c’est aussi le cœur de la mémoire esclavagiste du Brésil.
La plupart d’entre vous imaginent sans doute les esclaves aux États-Unis, cassés en deux, sous le soleil des champs de coton. C’est pas faux. Mais ça montre surtout à quel point les médias et les séries (merci Hollywood et Netflix) ont colonisé nos cerveaux.
Parce que dans la vraie histoire, les États-Unis n’ont “reçu” que moins de 400 000 esclaves pendant la traite transatlantique (XVIᵉ – XIXᵉ siècle). Le Brésil, lui, a explosé tous les compteurs : 5 millions d’Africains réduits en esclavage. 12 à 13 fois plus. Pas exactement un détail.
Le commerce triangulaire, c’était ce business immonde qui a duré plus de 4 siècles : des bateaux partaient d’Europe bourrés de pacotille, troquaient tout ça contre des êtres humains en Afrique, les entassaient dans les cales direction Amériques, et repartaient chez eux bien contents avec du sucre, du coton, du café plein les soutes.
L’esclavage, au Brésil, a tenu jusqu’en 1888 — à peine hier à l’échelle du temps. À titre de comparaison : aux États-Unis, il était aboli en 1865 ; en Angleterre, dès 1833.
Cet héritage, ici, il est partout. Aujourd’hui, 55 % des Brésiliens se déclarent noirs ou métis. Une majorité silencieuse ? Pas vraiment. Plutôt l’âme vibrante du pays. Comme l’a dit Lula lors de la candidature de Rio aux Jeux olympiques: « Nous ne sommes pas seulement un peuple métissé, mais un peuple qui aime l’être. »
Et pourtant, cette abolition tardive est souvent citée comme l’une des raisons du caractère très inégalitaire, et parfois extrêmement violent, de la société brésilienne. On a laissé s’installer, pendant des siècles, l’idée qu’un système hiérarchique, brutal et raciste était non seulement acceptable, mais inévitable.
Malgré cela, il faut reconnaître que le Brésil a réussi ce que peu d’autres pays ont osé : bâtir une nation en intégrant des cultures aussi diverses, sans guerres civiles, sans partition. Ici, aux élections, l’immigration n’est ni une menace, ni un débat brûlant : elle fait partie de l’ADN du pays, au même titre que la samba ou le football.
On ne peut que s’incliner devant cette unité culturelle qui permet à un territoire aussi vaste de fonctionner. À titre de comparaison : sur une surface équivalente, les anciennes colonies espagnoles d’Amérique du Sud se sont morcelées en neuf pays.
À méditer…
Mais revenons à Salvador, car je ne vous ai encore rien dit — ou presque — sur la ville aujourd’hui. C’est en réalité plusieurs villes en une.
D’abord le centre historique, absolument magnifique, avec le quartier du Pelourinho, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Des maisons coloniales toutes en couleurs, des rues pavées qui claquent sous les pieds, des églises baroques tellement dorées qu’on en a mal aux yeux.
Pelourinho… ça sonne presque joyeux, mais c’était l’endroit où l’on exposait et fouettait publiquement les esclaves. Ambiance.










Le quartier est beaucoup plus vaste que ce qu’on imaginait.
Et l’ambiance ? Bon enfant. Plein de musées, de restos, de capoeiristes qui font tournoyer leur art au coin des places.
Tout le monde a déjà vu de la capoeira, non ? Mais qui sait vraiment d’où ça vient ?
À la fois danse, combat et jeu, la capoeira est née dans les quilombos (ce sont ces villages fondés par les esclaves en fuite autour de Salvador). Les esclaves africains y ont dissimulé des techniques de combat dans des chorégraphies dansées pour tromper les colons. Bien joué.
Ensuite, il y a Salvador version balnéaire.

On a beaucoup flané le long de plages magnifiques comme Barra, la plus emblématique avec son phare planté en plein décor de carte postale, et Ondina, plus tranquille, plus locale. On s’est même offert une journée rien qu’à lézarder, nager et regarder la ville s’effondrer doucement dans l’Atlantique.
Et puis, il y a le reste de la ville.
Des quartiers à l’abandon (beaucoup!), des favelas qui s’étendent à perte de vue, une autre facette du Brésil : plus âpre, plus dure, loin des cartes postales.
On est revenus deux fois à Salvador pendant nos cinq jours dans la région.
Et en repartant, on s’est tous dit qu’on serait bien restés un peu plus longtemps (bon, OK, Mattéo a sûrement juste répété ce qu’on disait, mais il n’avait pas tort).

Il est déjà temps de remettre nos sacs sur le dos, car Bahia – comme souvent au Brésil – est un État immense, à peu près grand comme la France. Nous allons y faire trois étapes : Morro de São Paulo, Itacaré, et enfin la Chapada Diamantina.
Morro de São Paulo
Deux ferries et 2h30 de voiture plus tard, nous débarquons sur l’île de Tinharé, plus précisément à Morro de São Paulo.
Alors, comment décrire cet endroit ? Officiellement, c’est la station balnéaire des habitants de Salvador.
Mais en réalité, c’est un village piéton bordé de plages immenses, presque irréelles.
En haute saison, c’est bondé. Mais là, hors vacances, c’est un petit paradis tranquille.
À part donner cours à Nola et organiser la suite du voyage, on a passé nos journées… à la plage.
Il y en a cinq principales, certaines si longues qu’on peut marcher des kilomètres les pieds dans l’eau, en s’arrêtant simplement pour manger, nager ou boire une caipirinha. Pas mal comme programme.
L’endroit est tout simplement envoûtant : la mer d’un bleu profond devant toi, la jungle dense dans ton dos, et toi, quelque part entre les deux, les pieds dans le sable chaud.
Les plages brésiliennes sont, en général, absolument incroyables : gigantesques, jamais saturées, avec juste ce qu’il faut de monde pour toujours trouver un petit bar ou un resto les pieds dans le sable. Parfois il y a même des bateaux-bars où tu peux boire un petit verre peinard pendant que les enfants s’éclatent à pagayer en canoë ou à glisser sur leur planche de surf juste à côté.








Il faut dire qu’au Brésil, la plage n’est pas juste un décor. C’est une institution.
Ici, tout le monde va à la plage : toutes les classes sociales, tous les âges, tous les corps. C’est le lieu de vie par excellence, celui où on vit ensemble, tout simplement. Et les Brésiliens en sont fiers.
Et qui dit plage, dit culte du corps.
Ça se voit partout : ici, on ne plaisante pas avec l’apparence. Le Brésil est le quatrième marché mondial pour les cosmétiques et produits d’hygiène, hommes et femmes confondus, et la chirurgie esthétique y est presque une religion.
Deux journées parfaites, conclues par deux dîners inoubliables chez un Italien du Nord, qui nous a régalés d’une cuisine absolument divine.
Itacaré
Le lendemain matin, départ aux aurores (bon tout est relatif pour nous…il était 9h): un ferry pour regagner le continent, trois heures de route… et nous voilà à Itacaré.
Et Itacaré, c’est un petit miracle. Imaginez un centre-ville entièrement piéton — une anomalie presque surréaliste au Brésil, où la voiture règne d’ordinaire en maitresse. Ici, l’ambiance est détendue, les plages s’enchaînent et se rejoignent à pied, et — chose exceptionnelle dans notre voyage — notre hôtel est vraiment superbe. On aurait pu y poser nos valises pour une semaine entière, juste pour le plaisir. Mais pas de chance : c’est Vincent qui fait le planning… ce sera donc seulement trois nuits.
Les journées s’écoulent entre la mer et le village : bonne bouffe, piscine, et un tempo au ralenti.
Mais il y a un détail qui saute aux yeux — ou plutôt aux oreilles : Itacaré est littéralement envahie par les Israéliens.

De l’hébreu partout : sur les menus, dans la rue, en musique. Des drapeaux israéliens flottent sur les devantures de magasins, et les conversations qu’on croise à chaque coin de rue nous transportent soudain à Tel Aviv.
Ils sont jeunes, souvent en groupe, avec ce mélange de décontraction, de cohésion et d’énergie qu’on reconnaît tout de suite. Ils boivent, fument, jouent de la guitare, se saluent comme dans un kibboutz. Un peu irréel, surtout quand on se rend compte qu’on les voit très peu ailleurs au Brésil.
En réalité, Itacaré est une étape quasi-officielle dans ce qu’on appelle “le tour du monde des post-mili” : un voyage initiatique d’environ un an que des milliers de jeunes Israéliens entreprennent juste après leur service militaire. Une sorte de parenthèse libératrice avant d’entrer dans la vie adulte, avec des étapes codifiées: Inde, Népal, Colombie, Argentine… et bien sûr, Brésil.
Découvrir le monde après l’armée, en soi, c’est une excellente idée. Mais on peut se demander si ça a encore du sens quand on passe tout son temps avec ses compatriotes, dans les mêmes lieux.
Chapa de Diamantina
On quitte Itacaré de bon matin : 8h30 de route nous attendent car on veut arriver à Lençóis avant la tombée de la nuit — vers 18h. Ce n’est pas qu’on veuille pas conduire de nuit au Brésil, mais l’expérience n’est pas toujours des plus agréables…
D’abord, il fait noir. Noir comme dans “zéro lumière”. Ensuite, l’état des routes est franchement imprévisible. Et puis il y a les casse-vitesses. Des ralentisseurs d’un autre monde. Imagine : tu roules tranquillement sur une autoroute à 110 km/h et soudain… BAM, surgit de nulle part un ralentisseur géant. Si tu n’es pas déjà à 10 km/h, tu risques d’y laisser ton pare-chocs, tes suspensions… et ton sang-froid.
Soyons justes : ce n’est pas comme ça partout au Brésil. Mais plus tu montes vers le nord, plus ces obstacles apparaissent. C’est presque une épreuve de sélection naturelle pour les amortisseurs.

Après cette route longue et mouvementée, on arrive pile à 18h à Lençóis, charmant petit village colonial qui marque l’entrée du Parc national de la Chapada Diamantina. On y posera nos sacs pour 5 nuits et 4 journées bien remplies.
Chapada Diamantina, littéralement “le plateau aux diamants”. Rien que le nom fait déjà briller les yeux. Et pour cause : au XIXe siècle, on a effectivement découvert des diamants dans la région. Pendant des décennies, des chercheurs de pierres précieuses ont retourné cette terre rouge à la recherche de fortunes. C’est ainsi que sont nées des villes comme Lençóis, au cœur de cette ruée vers l’éclat.
Mais avant les diamants, il y avait la géologie. Des millions d’années d’érosion ont façonné ici un paysage à couper le souffle : des canyons profonds, des falaises vertigineuses, des grottes mystérieuses et des cascades à foison.

Évidemment, on a voulu tout voir. À pied, en jeep, en bateau — chaque recoin du parc semble avoir été pensé pour impressionner. Et ça marche.










Même loin de la mer, l’esprit brésilien est toujours là. Cette douceur de vivre, ce mélange de lenteur et de chaleur humaine. Décontracté, accueillant, tranquille.
On aurait pu rester encore un peu. Juste pour sentir le temps s’étirer encore.
Mais le voyage continue. Notre quatrième région nous attend.
4. L’état de Minas Gerais, 5 avril -14 avril 2025

Minas Gerais (prononcez « Minasse Jéraisch » avec l’accent qui va bien), est un État situé juste au-dessus de São Paulo et Rio de Janeiro. Ces trois-là forment un triangle d’or : les trois États les plus riches du Brésil
Et franchement, ça se voit. Fini la misère criante du Nordeste ou les contrastes de Bahia. Ici, les routes sont bien entretenues, les villes bien rangées (enfin… pour les standards brésiliens, faut pas exagérer non plus) — et délice suprême, côté cuisine, le fromage est roi.
On est dans un paysage de moyenne montagne, loin des spots instagrammables de Rio ou des plages de rêve du sud mais c’est beau quand même.
Mais revenons au nom : Minas, vous l’avez deviné, ça veut dire « mines ». Et ici, ce n’est pas qu’un vieux souvenir. Je suis scotché par ces routes littéralement envahies de camions remplis de minerai. Car le Brésil est champion toutes catégories ou presque :
- 🥇 Numéro 1 mondial en fer et niobium
- 🥈 Top 5 pour la bauxite et le manganèse
- 🥉 Top 10 pour l’or
Bref, ici, la terre vaut de l’or. Littéralement.
Mais bon: on ne vient pas à Minas pour ses mines. On y vient pour ce que les mines ont permis de bâtir au 18eme siècle: des villes coloniales absolument splendides, sorties tout droit d’un décor de film d’époque. Bienvenue à Ouro Preto, Mariana, Tiradentes… et autres perles baroques, pleines d’églises dorées, de pavés qui font mal aux mollets et de magnifiques maisons.
Mais avant de tomber sous le charme de ces joyaux coloniaux, on commence par un OVNI artistique : Inhotim. Un des plus grands musées d’art moderne à ciel ouvert du monde. 140 hectares de jardin botanique, parsemés de pavillons d’art contemporain. C’est beau, c’est inspirant, et ça fait marcher. Gros coup de cœur !














Ensuite, après quatre heures de route bien sinueuses, changement total d’ambiance. On quitte l’art contemporain et les pelouses soignées pour replonger dans le joyau baroque du Brésil colonial : Ouro Preto.
Autrefois appelée Vila Rica — littéralement “la ville riche” (subtil, non ?) — Ouro Preto a été la capitale de l’or au XVIIIe siècle, le centre névralgique de l’extraction minière et de la richesse coloniale. À tel point que c’était, à l’époque, la ville la plus peuplée du Brésil, plus que Rio ou Salvador. Rien que ça.
Petit point historique…avec la découverte de l’or à la toute fin du XVIIe siècle, la colonisation portugaise entre dans sa deuxième phase : après le bois du Brésil et la canne à sucre, voilà le filon doré. Et qui dit mines, dit main-d’œuvre. On déplace donc ces dizaines de milliers d’esclaves des champs du Nordeste vers les galeries sombres du Minas Gerais. Le Brésil ne découvre pas seulement de l’or, mais aussi le capitalisme extractif dans toute sa brutalité.
Mais la richesse ne se cache pas que sous terre : Ouro Preto devient un centre intellectuel et artistique. Universités, églises baroques couvertes d’or (littéralement), ruelles pavées en montagnes russes… tout respire l’opulence coloniale — version 1700.






Pour expédier tout ce joli pactole vers Lisbonne, on empruntait le Caminho do Ouro, la “route de l’or”, qui traversait Tiradentes, puis plongeait jusqu’à Paraty, petit port colonial sur la côte dont je vous ai parlé dans le post précédent, d’où l’or embarquait direction le Portugal.
Deuxième étape pour nous : Tiradentes.
Moins escarpée qu’Ouro Preto (nos mollets lui disent merci) mais tout aussi charmante. Un petit bijou colonial figé dans le temps, avec ses balcons croulant sous les fleurs, ses églises baroques aux façades blanches et dorées, et ses ruelles pavées qui semblent tout droit sorties d’une carte postale. On y passe deux jours, le temps de flâner… mais aussi de vivre les premières célébrations de la Semana Santa, dont Tiradentes est l’un des haut lieux.






Ici, Pâques ne se résume pas à une chasse aux œufs. La Semana Santa, c’est la deuxième fête la plus importante du pays après le carnaval. Moins exubérante (encore que…), mais empreinte d’une ferveur populaire et religieuse impressionnante. Processions, chants, encens, scènes de la Passion.
On termine notre virée dans la région par Petrópolis, charmante petite ville nichée dans les montagnes à moins de 2h de Rio de Janeiro. C’est ici que la famille impériale brésilienne venait fuir la moiteur de la ville au XIXᵉ siècle. Et oui le Brésil a été une monarchie…
En soi, la ville est sympa, un peu comme une petite ville européenne. Il y a des rues pavées, une cathédrale néo-gothique, une pâtisserie allemande… et bien sûr, le palais d’été des empereurs. Mais bon, soyons honnêtes deux secondes : des châteaux et des résidences royales, on en a plein chez nous. Donc si vous êtes au Brésil pour trois semaines, passez peut-être votre chemin.

Nous, ça faisait huit mois qu’on n’avait plus mis les pieds en Europe, alors on a trouvé ça plutôt drôle de tomber sur un petit bout de Vienne. Et puis l’histoire du coin mérite qu’on s’y attarde, parce qu’elle est franchement savoureuse.
1807 : le roi du Portugal fuit Lisbonne en panique à cause de ce cher Napoléon qui l’embête et fuit au Brésil avec toute sa cour. Imaginez 15 000 nobles et domestiques qui traversent l’Atlantique pour poser leurs valises dans une colonie.
1822 : le Brésil déclare son indépendance… et décide de garder le fiston du roi portugais comme empereur. Et non, ce n’est pas une blague. Contrairement à toute logique révolutionnaire, le Brésil devient indépendant… en mettant le fils du roi (un Bourbon) sur le trône. Original.
1889 : le Brésil vire sa cutie monarchique. Après 67 ans de trône, Dom Pedro II se fait poliment remercier par un groupe de militaires en uniforme bien repassé. Pas avec des drapeaux en feu, des discours lyriques ou des guillotines: juste un coup d’État feutré.
Pourquoi ? Pour beaucoup de raisons. Pedro II préfère ses livres à la politique, n’a pas de fils pour hériter (sa fille Isabel ne faisait pas l’unanimité chez les généraux machos, et surtout… elle venait tout juste de supprimer l’esclavage). Et le Brésil avait beau être le dernier à abolir l’esclavage dans les Amériques, 26 ans après les Etats-Unis, 55 ans après la France et 65 ans après l’Angleterre c’était trop tôt pour ces bons vieux planteurs du nord dont nous avons déjà parlé. Ils ne savaient pas trop quoi faire sans esclaves, ni plan B. Les pauvres…
“On mélange le tout avec une armée frustrée, des idées républicaines dans l’air et boum, la monarchie tombe. Sans bruit. Pedro II part en exil en Europe avec sa petite valise Louis Vuitton, et ainsi est née la République brésilienne.
Et nous, après la visite du palais royal, on pousse la porte de la dernière demeure de l’un de mes auteurs préférés : Stefan Zweig. Un moment suspendu, entre littérature et discussion avec un volontaire autrichien travaillant au musée.

Le soir, on s’offre une fondue — bourguignonne et au fromage — comme un clin d’œil inattendu au Vieux Continent, tout en ayant déjà l’esprit un peu tourné vers l’autre côté du Rio de la Plata.
Demain matin, on quitte le Brésil pour dix jours en Uruguay…
Mais pas de panique : on y revient juste après notre parenthèse uruguayenne !
On vous embrasse



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